Les DRH sont généralement friands d’évaluation en tout genre. Entre les entretiens annuels d’évaluation, les études de rémunération, les assessment centers, et autres enquêtes de climat social, une utilisation importante des outils d’évaluation semble être faite par les DRH.
Mais quand les DRH se soumettent-ils à une évaluation ? A quelle occasion leur politique, leur organisation, leur valeur ajoutée sont-elles évaluées ? Force est de reconnaître que c’est beaucoup plus rare …
Quelle utilité a évaluer les DRH ?
Les DRH touchent au cœur de l’entreprise, à sa force vive, puisqu’elles traitent de leurs ressources en Homme, en compétences, en savoir faire et surtout en savoir-être. Or ces ressources sont vitales pour l’entreprise : sans compétence et bien être, pas de performance individuelle ; sans performance individuelle et partage de valeur, pas d’alignement sur une stratégie ; sans alignement sur une stratégie, avec des objectifs clairs, pas de performance collective.
La politique RH constitue donc un enjeu primordial pour une entreprise. Elle se doit d’être alignée sur la stratégie de l’entreprise, pour travailler principalement dans un axe Présent (gestion / administration des ressources actuelles) et dans une orientation Futur (anticipation des besoins futurs de l’entreprise). A ce titre, la matrice de Dave Ulrich se révèle particulièrement intéressante car elle permet de bien étudier ce double axe de travail.
Evaluer une politique RH revient donc à valider son adéquation avec la stratégie de l’entreprise et à vérifier qu’elle pourra apporter les réponses adéquates aux problématiques actuelles et futures. Car si les ressources humaines constituent un vivier de performance, elles peuvent également devenir un avantage concurrentiel durable pour le développement de l’entreprise. Et cela, seule une évaluation selon un référentiel international reconnu le met en évidence.
Quels référentiels choisir pour évaluer les RH ?
Deux référentiels prévalent, tout en étant parfaitement complémentaires :
- Investor in People – IiP, référentiel d’origine anglo-saxonne conçu dans les années 1990, se focalise uniquement sur la gestion des ressources humaines, avec une orientation marquée vers le Talent Management. Si l’ISO 9001 s’attache à l’organisation de l’entreprise, à son fonctionnement, Investor in People – IiP se concentre sur le facteur Humain, en tant qu’enjeu stratégique de développement.
Ce référentiel aborde toutes les facettes de la gestion des ressources humaines, en s’inscrivant dans la durée et le bien être au travail. La responsabilité sociale et sociétale de l’entreprise est abordée, ainsi que sa capacité à faire évoluer les compétences (concept d’entreprise apprenante). Enfin, le rôle du management, fédérateur, porteur de sens et humaniste est mis en évidence.
Le référentiel traite aussi bien des pratiques et modes de fonctionnement que des résultats obtenus en matière de politique RH. C’est un outil de mesure objectif pour les DRH quant à leur valeur ajoutée et à la performance de leur politique.
Pour plus d’informations sur le référentiel Investor in People – IiP, voir la fiche dans la catégorie Ressources Humaines.
- Le référentiel EFQM – European Foundation for Quality & Management apporte une dimension plus globale, puisqu’il se préoccupe de l’entreprise dans son ensemble. Développé depuis 1988, le modèle aborde les différentes composantes de l’entreprise et se penche également sur les moyens et les résultats. Il permet de se benchmarker avec les meilleurs pour apprendre des pratiques éprouvées d’autres organisations.
Les critères 3 - Personnel et 7 – Résultats Personnel traitent plus particulièrement de la gestion des ressources humaines. Pour une évaluation d’une politique RH, ils seront utilement complétés par les critères 1 – Leadership et 2 –Stratégie.
Pour plus d’informations sur le référentiel EFQM, voir la fiche dans la catégorie Ressources Humaines.
Investor in People – IiP permet d’approfondir l’évaluation sur les critères de l’EFQM dédiés au Personnel. Tous deux sont non prescriptifs en termes de méthodologie et de processus. Et ils facilitent l’identification des points forts et des axes de progrès prioritaires. Enfin, ils accordent une place égale aux résultats obtenus par rapport aux moyens mis en œuvre.
Ces deux référentiels apportent ainsi une vision systémique de la gestion des ressources humaines. Les RH ne peuvent être dissociées de la stratégie de l’entreprise et encore moins de sa performance. L’objectif consiste donc à créer une culture d’excellence, basée sur le respect, la transparence et le bien être, pour établir une base durable de performance individuelle et collective. C’est également un moyen puissant pour attirer et fidéliser les talents. L’investissement dans le personnel devient un facteur déterminant pour l’optimisation de la performance.
Quelle perspective pour ces référentiels en France ?
Un rapide sondage dans mes réseaux m’amène à constater que ces 2 référentiels sont malheureusement peu connus en France. Investor in People – IiP n’a même pas de réprésentant officiel en France. L’EFQM est vu comme une énième certification et nombre d’entreprises se contentent du label ISO.
Cela conduit à s’interroger sur la place accordée aux RH dans les entreprises. La focalisation actuelle sur les SIRH me laisse à penser que seuls 2 quadrants de la matrice de Dave Ulrich sont considérés par les DRH actuellement : la gestion opérationnelle et administrative. Ils deviennent administratifs, mettant en place des procédures pour répondre à des obligations réglementaires. Mais où est l’Humain dans tout cela ?
Il serait vraiment temps que les DRH se souviennent de leur rôle sur le long terme, de cette orientation essentielle vers la gestion des Talents, de ce rôle de tuteur, de facilitateur qui devrait être le leur. C’est là que se trouve leur plus grande valeur ajoutée. Et c’est selon moi tout ce qui fait la beauté de ce métier.
Espérons donc que les DRH prennent la dimension stratégique de leur fonction :
- Pour s’aligner sur la stratégie de l’entreprise en s’évaluant mieux et plus souvent
Pour développer une approche humaniste inscrite dans le long terme
Pour enfin mettre en lumière la place de l’Homme comme avantage concurrentiel et vecteur de performance durable pour l’entreprise.
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